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30.12.2005

Le Magicien

Il déménagea sur Paris. Son premier roman remporta un vif succès auprès des critiques et des lecteurs. On lui prédisait une carrière vertigineuse. Malheureusement, l’écrivain passa plus de temps à profiter de cet eldorado qu’il avait tant attendu qu’à écrire les romans qu’il avait promis. Il dû faire face à ses promesses et, toujours aussi sûre de lui, il décida de livrer une autobiographie. N’ayant que peu d’anecdotes à raconter, il remplit les vides par des récits quelques peu surréalistes il s’efforça de passer le plus souvent possible dans des émissions télévisés de qualités très discutables. Il était heureux et ne comprenait pas qu’on attende encore quelque chose de lui. Et peu à peu, on l’écarta. Seule, pour la première fois face à l’échec, il ne vendait plus de livres. Le temps s’était évanoui. Et l’écrivain sentait que sa vie était vide de sens. Il venait d’avoir trente ans. Mais la sortie de son autobiographie lui donnait le sentiment d’avoir pris vingt ans en l’espace de quelques jours. Une nécrologie avant l’heure, en quelques sortes. Pleins d’illusions dans sa jeunesse, il voyait le temps lui échapper et ses rêves s’évanouir. Car, en devenant un auteur reconnu il espérait trouver le plaisir mais aussi l’extrême, le cœur de la vie, son essence grâce à des rencontres aussi multiples que diverses.

« Et si je le sauvais celui-là aussi ?

-tu en as déjà sauvé un miraculeusement. D’ailleurs, je n’ai toujours pas compris comment il s’en était sorti celui-là : une corde au cou, un quinzaine de bandits autour de lui et là, le super héros arrive, comme par enchantement, tue tout le monde et délivre le vaillant héros!?

-Et alors, je n’ai pas le droit d’en sauver plusieurs miraculeusement peut-être ?

-Si, bien sûr mais tu m’avais dit qu’il avait tué Greg et qu’il allait lui arriver quelque chose de terrible…

-Oui, mais il ne voulait pas vraiment le tuer : c’est plus un accident qu’un meurtre et puis, même s’il a fait exprès, il a des circonstances atténuantes.

-Comme tu veux. C’est ton personnage…

-Quoi, c’est mon personnage ! Je veux juste un peu de justice, rugit l’écrivain !

-de la justice ? Mais ce n’est qu’un roman ! Tu crois pas que tu devrais davantage te soucier du début de l’histoire, de l’action, des personnages ?

Mais l’écrivain avait le souci de l’organisation sociétale du monde nouvellement crée. Ancien enfant prodige, il voulait que tout soit parfait, que tout s’organise et s’imbrique. Conscient que par là même il s’éloignait de la réalité il était davantage soucieux de la nécessite de réussir sa création. Il fallait que l’élément perturbateur soit éliminé et que le héros accomplisse sa mission.

L’écrivain, perplexe, se demandait comment assembler les pièces du puzzle pour que justice soit enfin rendue. Il s’assit, réfléchit, se leva, prit un verre d’eau et revint consulter sa femme.

-Tu ferais quoi, toi, comme suite ?

-je ne sais pas moi, t’as qu’à le suicider, le marier à quelqu’un d’aussi fatiguant que toi. Mais, s’il te plait, arrête de me harceler et oublies-moi deux secondes, ajouta t’elle excédée.

-Ecoute, tu le sais, je n’ai plus le succès d’autrefois…Je dois faire un coup !

-Malheureusement, tu n’as plus grand-chose à dire. Ni à faire… »

L’écrivain comprit que sa femme allait bientôt lui échapper. Il serait alors seul.

-Alors, toi aussi, tu me laisses. Je suis perdu. Je serais prêt à vivre n’importe quoi pour avoir quelque chose à raconter.

-N’importe quoi, murmura t’elle comme pour être sûre de ce qu’elle avait entendu.

-Tu vas m’aider pour mon contrôle du fisc ?

-C’est encore ce truc qui t’angoisse ?

-J’ai l’impression qu’on va fouiller ma vie, qu’on va pénétrer dans mon intimité, la piétiner, la détruire…

-Arrête, ça c’est déjà fait…

-Cette nuit, j’ai fait un cauchemar : il faisait nuit. Une lumière blanche et froide a commencé à luire, à m’aveugler. Elle m’a pénétrée et m’a retirée tous mes souvenirs. Puis, j’étais tout seul dan un carré noir avec, venant de je ne sais où, un rire bruyant et sarcastique. Puis, il y’a eu un long silence. Et, tout d’un coup, on m’a lancée une bombe prête à exploser. J’attendais sans bouger qu’elle me réduise à néant. Mais cette bombe est restée silencieuse et a implosée. . Le mot FIN a jailli devant mes yeux.

-Ne t’inquiète pas, tu vas le faire ton coup, mais en attendant, tu devrais peut-être aller voir un docteur… »

Cette nuit là, sa femme l’entendit encore se lever, tourner en rond, explorer toutes les pièces de la maison comme si à tout moment un fantôme pouvait surgir de l’une d’elles. Mais cette fois-ci, elle crût entendre une porte s’ouvrir puis doucement se fermer. Elle sentait son mari prêt à tout dans sa quête. Jusqu’où irait-il ? L’écrivain avait, jusqu’ici tout réussi. Aujourd’hui, il connaissait son premier grand échec Un pressentiment l’envahit, elle frissonna, persuadée que son mari irait, seul, très loin...

23:27 Publié dans Le Magicien | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

23.12.2005

La morte du Bombay Express de Sarah Dars


Editeur :Editions Philippe Picquier
ISBN : 2-87730-602-X

Le Doc et son assistant, Arjun, prennent place dans le train pour Bombay. Ils sont attendus là-bas pour soigner le beau frère de Doc. Le voyage se déroule bien. Le train est bondé et très animé, il fait très chaud. La nuit arrive. Dehors, les démons semblent s’être réveillés et tournent autour du train. Peu à peu, les légendes indiennes laissent places au sommeil des voyageurs. Quand soudain quelqu’un tire le signal d’alarme. On retrouve la fille d’un célèbre industriel et bru d’une grande actrice, dans sa cabine de première classe, évanouie et brûlée. Elle est morte immolée par le feu. Le Doc et Arjun assistent aux prémices de l’enquête. Arrivé à Bombay, le Doc sera mis à contribution pour retrouver l’assassin. Mais s’agit-il vraiment d’un meurtre ou bien, plus simplement, d’un suicide. L’enquête avance et les certitudes s’effondrent. Peu à peu, grâce à son intuition, ses connaissances et son charme, le Doc va dénouer l’écheveau et remonter le fil des diverses pistes.

Un dépaysement garanti ! Entre légendes et coutumes indiennes, termes hindî ou marathî, le lecteur découvre l’univers de Bombay, de ses habitants, de ses ruelles, de ses fêtes. Le héros, Doc est un personnage très charismatique, très fin et, bien sûr, brillant enquêteur. Par contre, l’intrigue manque un peu de piquant et de surprises comme si l’intrigue, finalement, ne s’avérait être qu’un prétexte au développement d’une situation et de personnages tous plus attachants les uns que les autres. Et, le lecteur oublie vite la faiblesse de l’intrigue pour imaginer le Bombay Express, les mauvais génies, le dieu Ganesh à la tête d’éléphant. On se surprend à rêver de quelques ruelles étroites et malfamées de Bombay, de son célèbre marché ou du Doc en train de faire une démonstration, avec son ancien condisciple, de Kalaripayatt (un art martial) devant des spectateurs conquis. Et nous applaudissons avec eux.


Pour en savoir plus sur Sarah Dars, l’Inde et l’univers du Doc, vous pouvez visiter le site Pondichery.com.

16:15 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

21.12.2005

Un petit tour sur Ecrire.com


Hier soir, j’ai visité www.ecrire.com.

Ce site est consacré aux œuvres qui n’ont jamais été publiées. Pour les auteurs qui n’ont jamais osés publier leur livre ou qui ont vu leurs ouvrages refusés par les maisons d’éditions. D’ailleurs, les créateurs du site signalent qu’ils travaillent avec celles-ci. On trouve donc là des inéditions : des romans, des nouvelles, des poèmes ou des essais… La recherche se fait par genres, titres ou auteurs. Le résultat est présenté sous forme de liste avec le titre de l’œuvre, le nom de l’auteur, la date de création, le genre, le commentaire (un résumé de l’intrigue) et le nombre de visiteurs (une bonne façon de se faire une idée du succès et de la qualité de l’histoire par rapport à la date de création. Concernant, les romans, le lecteur peut télécharger le texte pour l’imprimer (la lecture sur écran est vite fatigante !)

Le plus intéressant, à mon sens, c’est la présence d’une rubrique « Et vous, qu’en pensez vous ? » après chaque résumé. Ce qui permet de créer une réelle interactivité, un dialogue. Ce qui représente aussi une indication précieuse pour les auteurs (là aussi, on pense forcément à nos commentaires tant recherchés…). Et autant dire que ces commentaires sont sans complaisance. Ainsi, j’ai relevé un « Bourré de clichés. Sans intérêt. » Il en faut pour tous les goûts... Ceci dit, il vaut mieux ne pas avoir un ego trop développé ! Il en faut pour tous les goûts. Les auteurs prennent le risque de voir le résultat d’énormes investissements, de beaux espoirs être déçu par l’avis de lecteurs qui en ont vu d’autres. C’est une étape difficile mais inévitable pour progresser. Alors bravo aux concepteurs du site qui donnent leur chance à tous, aux lecteurs qui prennent le temps de lire les textes et de laisser leurs avis et aux auteurs qui se lancent, bon gré, mal gré et tentent une nouvelle aventure !

15:55 Publié dans Le web littéraire | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : ecriture, site, auteurs, récits, nouvelles, romans, histoire, édition

17.12.2005

Le Magicien



CHAPITRE 1






"Soudain, un rocher se détacha. Jackson l’entendit mais, aveuglé par le soleil, il ne le vit pas dévaler la pente. Atteint par le rocher, il s’effondra. Le bruit sourd provoqué par sa chute alerta son ami. Celui-ci accourût et se précipita vers Jackson qui ne bougeait plus."

« -Qu’est-ce que tu en penses ? »

Chaque jour l’écrivain lisait à sa femme les dernières pages de son manuscrit.

Ses romans, c’étaient sa vie, sa Création. Il pouvait mettre des mots sur ses frustrations, rendre sa propre justice, redonner vie aux morts qui hantaient ses nuits. Un seul mot et son personnage revenait à la vie. Il pouvait également mélanger rêve et réalité : les mots étaient rois et l’écrivain Dieu. Mais un univers ne prend sens et vie que s’il est partagé. C’est pourquoi, il voulait voir ses livres publiés. Il commença donc patiemment à écumer les maisons d’éditions avec ses précieux manuscrits, ensemble d’univers en quête de reconnaissance de tous les autres dieux. Hélas, les refus s’étaient succédés. L’écrivain, tenace, essaya encore et encore n’ayant aucun doute sur la qualité de ses écrits, persuadé de connaître un succès inévitable. Car l’écrivain n’était pas vaniteux mais il vivait dans un monde sur mesure. Cette posture de héros lui permettait d’avancer sans douter et de croire, continuellement, sans faillir, à son talent. Son teint pâle, sa taille moyenne, voir petite, ses cheveux bruns et ses petites lunettes lui donnait un air d’adolescent. Il paraissait absent, coupé du monde et cultivait une distance qui lui permettait de garder un mystère presque romantique. Il avait dix-neuf ans mais en paraissait dix-sept. Cet aspect lui plaisait : sa jeunesse était l’alibi idéal de son idéalisme juvénile et il y tenait. Son enfance avait été dorée. L’écrivain n’avait jamais connu l’échec.

Alors, il attendit, confiant, les propositions des maisons d’éditions. Il attendit longtemps. Puis, un doute effleura son esprit. Et si personne n’acceptait ses écrits ? Peut-être, finalement, n’utilisait-il pas la bonne méthode ? Il tenta donc de séduire les maisons d’éditions autrement que par ses manuscrits. Ainsi, chaque semaine, il envoyât un bouquet de fleurs à toutes les maisons auxquelles il s’était adressé. Les jours de fête, il y joignait une boîte de chocolat.

Au bout de quelques mois, il reçut un coup de fil d’une dirigeante de l’une d’elles. Pleine de compassion pour cet homme qui ne savait plus quoi faire pour se faire remarquer. Huit ans plus tard, elle devenait sa femme.

21:33 Publié dans Le Magicien | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

15.12.2005

Daniel Pennac

Cette fois-ci, vous l'aurez sans doute reconnu, il s'agit de Daniel Pennac, l'auteur de la série des Malaussène : Au bonheur des ogres, La fée Carabine, La petite marchande de prose, Monsieur Malaussène et Des chrétiens et des Maures et Aux fruits de la passion.
Recemment, il a joué Merci, une pièce de théatre, à Paris (au Théâtre du Rond-Point). Le texte de cette pièce est sorti en octobre 2004 aux éditions Gallimard (Isbn : 207077239X). Espérons qu'il refasse un jour la suite des aventures Malaussène parce que ce personnage plein de bonté et de malice, cet univers parisien tendre et chaleureux manque terriblement aux fans. Pour ceux qui n'auraient pas encore lu la série, Malaussène est un "bouc émissaire". A chaque fois qu'un meurtre est commis, il est au mauvais endroit au mauvais moment. Heureusement un commissaire très futé, le seul à penser qu'il n'est pas coupable, n'est jamais bien loin. Mais Malaussène est aussi un grand frère qui s'occupe et donne beaucoup d'amour à toute sa petite tribu, ses petits frères et petites soeur à la place de sa mère absente. Mais, n'oublions pas que Pennac, c'est aussi Comme un roman (un essai sur la lecture comprenant les droits impréscriptibles du lecteur), des livres pour les enfants (la série des Kamo) et encore pleins d'autres oeuvres à découvrir de toute urgence!

19:09 Publié dans Qui est-il : les réponses | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note

12.12.2005

L'homme licorne de James Lasdun


Éditeur : Editions Gallimard (20 janvier 2004)
ISBN : 2070763102
Traduit de l'anglais par Pierre Charras.



Le narrateur, Lawrence Miller, d’origine britannique, est enseignant dans une université américaine. Il fait partie d’un comité de surveillance du harcèlement sexuel. Un jour, il s’aperçoit qu’un objet a changé de place dans son bureau. Il pense se tromper mais d’autres objets disparaissent. Après une petite enquête il s’aperçoit qu’un dénommé Trumilcik occupait son bureau avant lui. Mais cet homme demeure insaisissable. Alors, le héros essaye de trouver un lien entre cet homme et lui. Certainement un autre enseignant qui séduit toutes les étudiantes san se soucier des retombées et des plaintes. Ou bien sa femme qui est récemment partie… Mais, au fur et à mesure qu’il découvre des éléments, il contrôle de moins en moins le déroulement de sa propre vie : quelqu’un (Trumilcik ?) s’insinue dans sa vie et agit à sa place. Dans quel but ?


Au premier abord, ce livre est très déroutant. On perçoit une différence de culture et d’écriture par rapport à des écrivains francophones (l’auteur est d’origine anglaise et vit aux Etats-Unis). Car, si ce roman est une satyre du politiquement correct américain, le modèle évoqué, le fonctionnement de ces comités est à mille lieue de notre mode de vie et de pensée. Puis, on se laisse porter par la traduction pour, peu à peu, entrer dans le texte. En fait, l’élément le plus remarquable dans ce livre est l’intrigue. Les interrogations du narrateur deviennent les nôtres. Et, on veut absolument savoir comment le piège va se refermer sur lui. Parce que le lecteur sait qu’il n’existe aucune issu. Et surtout, il insinue le doute : est-ce que lawrence est victime ou acteur ? Jusqu’au bout, et c’est ce qui est le plus intéressant, le lecteur hésite. Par contre, le roman s’arrête brutalement et, personnellement, j’aurai bien aimé aller plus loin, en savoir plus. Mais, le roman amène à se poser certaines questions et aborde le thème mythologique de la licorne. Ce lien avec cet animal entretient la limite, difficile à cerner entre fiction, rêve, surnaturel et réalité. En ce sens, ce livre pourrait être rattacher à la littérature fantastique qui ne penche jamais vraiment vers l’un ou l’autre en laissant le lecteur inquiet et dubitatif.

13:00 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

06.12.2005

Milan Kundera

Ce visage est celui de Milan Kundera, un auteur tchèque né à Brno (Moravie), en 1929. Il débute sa carrière par des écrits poétiques. Il se fait connaître en France avec L’Insoutenable légèreté de l’être (1984). Il est aussi l’auteur de plusieurs essais dont Les testaments trahis (1993) suite logique de L’art du roman (1986), deux livres qui se situent entre le roman et l’analyse de
cette forme d’écriture : ses auteurs et sujets principaux, ses polémiques, ses raisons de vivre, sa musicalité. Bref, une subtile mise en abyme qui permet à Milan Kundera de proposer aux lecteurs son regard sur le monde d’hier et d’aujourd’hui. Récemment (avril 2005) est sorti Le Rideau un autre essai qui fait suite à L’Art du roman et aux Testaments trahis. Dans celui-ci, Kundera nous propose une analyse de la manière d’être de différents personnages emprunté à diverses époque de la littérature : un voyage dans l’espace-temps littéraire qui permet de mieux appréhender la lente évolution d’un art en perpétuel construction.
Personnellement, j’ai un penchant pour La Plaisanterie, son premier roman écrit en 1967. Il s’agit d’un roman qui a pour cadre la Tchécoslovaquie communiste. Une simple carte postale à une amie va déclencher les foudres du parti et l’entraîner au fond du gouffre. Ce cadre est familier à cet auteur et il décrit avec brio cet univers confiné, kafkaïen et les rouages d’un système aujourd’hui bien connu.
A noter, une œuvre théâtrale, Jacques et son maître, hommage à Denis Diderot (1998), une variation sur Jacques le fataliste de Denis Diderot. Cette « reprise » n’est pas étonnante pour qui a lu Kundera. En effet, Jacques le fataliste est une œuvre moderne, un roman qui fut précurseur en son temps de la littérature d’aujourd’hui car l’auteur établit un « contrat » avec le lecteur, il l’intègre même à son récit et prend une réelle distance avec son propre récit par l’intermédiaire d’un tiers, le narrateur. Ces procédés de mise en abyme permettent à l’auteur d’entrer en communication avec le lecteur, de prendre une distance qui lui permet d’avoir un regard critique sur le statut de l’écrivain, de l'écriture et sur le roman. Et, c’est là qu’il rejoint Kundera dans son analyse de cet art. Alors, Kundera serait-il un enfant de Diderot ? Dans tous les cas, nul doute que Milan Kundera marquera son siècle et nos esprits !




Concernant son dernier ouvrage, Le Rideau, un article du Nouvel Obs, publié en avril 2005 permettra
de mieux apprécier l’œuvre :
http://www.nouvelobs.com/articles/p2109/a266073.html .

Egalement, un article intitulé "La désintégration du monde européen" écrit par Anneliese Saulin-Ryckewaert qui évoque le regard que porte Kundera sur l’Europe est paru le 21 novembre 2005 sur le site La revue des ressources :
http://www.larevuedesressources.org/article.php3?id_article=492 .

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03.12.2005

Lila, Lila de Martin Suter


Editeur : Christian Bourgois (18 mai 2004)
ISBN : 2267017253

David est serveur dans un bar de nuit. Un jour, apparaît dans ce bar une jeune fille. Il tombe amoureux mais Ralph, un client, beau parleur et pédant séduit Marie. Alors que David commence à se résigner, il trouve dans un meuble un manuscrit intitulé Sophie, Sophie. L’auteur, un jeune homme qui vivait dans les années cinquante, décrit son amour puis sa longue rupture avec sa petite amie. A la fin de son histoire, il se suicide. David veut d’abord expliquer à Marie qu’il a trouvé ce manuscrit puis finalement l’utilise pour la séduire en se faisant passer pour l’auteur de l’ouvrage. Marie, contre l’avis de David, envoie le manuscrit à des maisons d’éditions. Et, au grand désespoir de David, le livre connaît un grand succès. Alors que David commence à se glisser dans la peau de l’auteur du manuscrit, un vieil homme se présente à une séance de signature d’autographes sous le nom du véritable auteur…

Martin Suter a aussi écrit Un ami parfait. On retrouve la même étude psychologique des personnages. L’auteur utilise peu de mots pour décrire les personnages mais les descriptions sont justes et s’imbriquent parfaitement dans l’univers du roman. David est un homme comme les autres mais pour conquérir le cœur de Marie, il doit se dépasser. Celle-ci est exigeante et David, le lecteur le sait déjà, n’a d’autres choix que de s’emparer du manuscrit. Il sait que cet ouvrage va lui attirer les pires ennuis mais il ne peut pas faire autrement. Il plonge. Et le lecteur avec lui.

01:00 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : critique, livre, auteur, suter, Lila, écrivain