« 2005-12 | Page d'accueil | 2006-02 »
30.01.2006
Le Magicien

CHAPITRE 2
L’écrivain était un jeune homme à qui tout avait réussi. Quatrième enfant d’une famille qui en comptait cinq, il avait été choyé non seulement par ses parents mais aussi par ces deux grandes sœurs et son grand frère. Seuls ses grands-parents étaient réservés à son égard. Ils pensaient que ses parents auraient pu s’arrêter à trois. Ce problème avait généré de nombreux conflits et, au fil des années, il était devenus un tabou dans la famille. L’écrivain vivait avec ce poids sur les épaules. Peut-être était-ce pour cette raison qu’il avait tant à prouver…Alors, il travaillait tous les jours, avec acharnement, pour se prouver à lui-même et à ses grands parents, qu’il existait et qu’il pouvait avoir une utilité pour les autres. Très jeune, il s’en alla. Très loin. Dans des pays encore coupés du monde extérieur. Et, à vingt cinq ans, il revint. Il avait gardé son visage juvénile. Des rêves et des images pleins la tête, le monde lui appartenait. Il se savait tellement doué qu’à quinze ans, il rêvait déjà de sa grande maison avec piscine. En faisant quoi ? Il ne le savait pas. Mais peu importait. Son talent, de toute façon, lui permettrait d’être le meilleur dans sa branche.
Mais un jour, son petit univers explosa. Il comprit enfin qu’on pouvait partir et voyager aussi loin qu’on le désirait mais l’esprit, la conscience, le vécu, les souvenirs étaient toujours là.
Il allait commencer sa lecture. Le public attendait. Sa cinq centième. Déjà. Tout c’était enchaîné. Très vite. Il n’avait jamais failli. Il réussissait enfin à montrer qu’il était utile, performant. On exécutait ses moindres désirs. L’argent coulait à flot. Et de plus en plus. L’argent appelle l’argent et l’écrivain devenait un homme d’affaire sans failles. Il pensait que même si ses prochains romans ne rencontraient pas le succès escompté, il gardait un pécule suffisant pour investir, acheter un immeuble, un commerce. Pourquoi pas une grande librairie au centre de Paris. Tout était possible aujourd’hui. Il ne craignait plus rien ni personne.
Rien ne lui faisait peur. Mais l’écrivain oubliait un élément. Il imaginait que l’esprit était lié au corps. Il pensait que les idées pouvaient se diriger, se façonner indépendamment du monde extérieur. " Moi, je sais ce que j’ai dans le crâne et ce que je veux dire à mes lecteurs. Tout est là", disait-il en montrant sa tête en conservant un sourire figé qui se dessinait nettement sur son visage lisse et juvénile.
11:24 Publié dans Le Magicien | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
25.01.2006
Le passe-livre

Si un jour vous trouvez un livre sur un banc public avec d’étranges chiffres à l’intérieur, surtout, ne le jetez pas. Après l’avoir lu, vous pourrez par contre passer sur www.passe-livre.com et inscrire le code pour savoir d’où vient ce livre et qui l’a libéré.
Puis, si vous voulez à votre tour libérer un livre il suffira de vous inscrire pour devenir, officiellement, passeur de livres.
Cette idée vient du cross-booking, un jeu inventé par Ron Hornbaker (www.bookcrossing.com ). Il a été repris par Fiammetta Gaudioso et Gennaro Capuano qui ont fait évoluer les règles et l’ont appelé le Passe-livre.
Le principe consiste à dénouer, délivrer ou déchaîner un livre. Pour ce faire, il faut le déposer dans un endroit public ou se rendre chez un partenaire pour prendre un livre offert par un organisme ou bien l’échanger contre un autre.
Dans tous les cas, il faut absolument l’enregistrer puis espérer qu’un jour, avec un peu de chance, vous retrouverez sa trace. Vous aurez ainsi gagné…le droit de rejouer !

"LE DECALOGUE DU PASSEUR
CE QUE DEVRAIT FAIRE UN BON PASSEUR
Il libère, d’une façon juste, le plus grand nombre possible de livres pour le Passe-Livre
Il trouve toujours de nouveaux passeurs
Il enregistre sur le site le livre libéré et lui colle l’étiquette en indiquant le PLID
Il signale sur le site le livre du Passe-Livre qu’il a trouvé
Il suit sur le site l’itinéraire des livres qu’il a libéré
Il essaye, dans la mesure du possible, de passer le “bon” livre au “bon” lecteur
Il consacre un peu de son temps et de son imagination pour “raconter” sur le site comment il libère les livres
Il communique sur le forum du site ses nouvelles idées (s’il en a) à propos du Passe-Livre
Il manifeste et promeut l’idée de liberté du Passe-Livre
Il arrête de jouer au Passe-Livre s’il ne s’amuse plus"
L'affiche du passe-livre : passelivres.pdf
19:35 Publié dans Le web littéraire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : passe-livre, livres, site, passeurs, bookcrossing
20.01.2006
Un écho d'Au clair de la lyre
Vendredi, en lisant la page midiblogs du Midi Libre, j’ai découvert qu’Au clair de la lyre avait été choisi comme « blog de la semaine ».
Bien sûr, je tiens à remercier le journaliste d’avoir si bien décrit Au clair de la lyre, « une balade au pays des livres ».
Car gérer un blog, écrire régulièrement des notes, comme le confirmeront tous les internautes qui en ont créé un, demande beaucoup de temps, d’implication et de passion.
Et la plus belle des récompenses est de voir Au clair de la lyre apprécié, vous découvrir agréablement surpris par cette promenade dans cet univers de livres, de lettres et d’auteurs.
Ainsi, vous m’encouragez à faire vivre ce lieu de rencontre et de création.
Merci également à tout ceux qui passent et, éventuellement, s’arrêtent un instant pour profiter de cet espace littéraire.
Et, si quelques notes vous intéressent, vous interpellent, n’hésitez pas à laisser un petit commentaire…
21:42 Publié dans Au clair de la lyre | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
John Irving
Cet auteur est John Irving. Né au début de la seconde guerre mondiale (1942), en Nouvelle Angleterre, Il ne connaît pas son père : il est élevé par sa grand-mère puis, à sept ans, il part chez son beau père. Celui-ci enseignait l’histoire russe dans une école d’Exeter. Il étudiera au sein de celle-ci mais, atteint de dyslexie, il aura le plus grand mal à suivre. Il réussit néanmoins a intégré la filière création littéraire. A 20 ans, il rencontre sa future femme, Shyla Leary avec qui il aura deux enfants, Colin en1965 et Brendam en 1969. Passionné de lutte, il transmettra à ses enfants l’amour de ce sport. Ils deviendront champions de lutte.
A 21 ans, il part un an à Vienne. Ce pays servira de décor à son premier roman, Liberté pour les ours. Celui-ci n’est pas un chef d’œuvre mais il pose les premiers jalons de ce que sera l’univers, le monde d’Irving : des personnages atypiques, inattendus, aux actions extravagantes mais ayant une place logique et bien définie dans la toile tissée, petit à petit par son chef d’orchestre. Irving crée ainsi de toutes pièces son petit monde, nous raconte des histoires fabuleuses sorties d’on ne sait où, sinon, certainement, du plus lointain de son imagination.
Son premier succès, Le monde selon Garp, fut celui d’un « Nils Holgerson de la fiction éternelle [qui] survolait déjà le territoire d’une Amérique repeinte aux couleurs de sa fantaisie » : le récit des rapports orageux et tendre entre une mère célèbre et son fils écrivain qui n’a jamais connu son père. Et qui tente de construire sa propre famille. S’ensuit de nombreux autres succès qui amèneront toujours plus de lecteurs à découvrir cet auteur.
Le dernier, Until I find you, sorti en juillet 2005 dont la traduction française est très attendue par les fans sera-t-il un succès de plus et de la même qualité que les autres?
A mon sens le meilleur roman (avec Le Monde selon Garp) est L’Oeuvre de Dieu, la part du diable. C’est, sans doute, le plus abouti. Au fin fond du Maine, dans un orphelinat, un gynécologue obstétricien met au monde des enfants qui seront abandonnés dans cet établissement (l’œuvre de Dieu) et pratique des avortements l’œuvre du diable). Dans cet espace clos, un petit garçon revient une fois de plus à l’orphelinat après avoir connu plusieurs tentatives d’adoptions malheureuses. L’obstétricien n’osera plus alors le confier à d’autres familles pour ne pas faire souffrir l’enfant. Il le garde à ses côtés et, peu à peu, une relation s’installe entre l’homme et l’orphelin. Ce dernier marchera t’il sur les pas de son père spirituel, poursuivra t’il l’œuvre de Dieu et la part du diable. Y survivra t’il ?
Et, vous, lequel préférez-vous?
10:15 Publié dans Qui est-il : les réponses | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
17.01.2006
La million dollar page version livre
Un million de mots à vendre pour écrire un livre. C’est le pari de www.millioneurobook.com qui s’inspire de la désormais célèbre million dollar page. Le créateur de cette dernière propose d’acheter un million de pixels à 1 dollar chacun pour former une œuvre d’art. Ce concept permet aux internautes de découvrir d’une façon originale différents sites totalement au hasard et aux concepteurs de sites de se faire connaître.
Sur millioneurobook, les euros remplacent les dollars et l’œuvre sera au final un livre gratuit d’environ 3000 mots. L’auteur nous livre d’ailleurs ses impressions grâce à son blog auquel on peut accéder en allant sur le site.
Et pour ceux qui s’intéressent particulièrement au concept, je conseille aussi l’excellent site http://blogoscope.vikiweb.com/mosaique.shtml qui répertorie gratuitement toutes les images des blogs dans une grande image. Il suffit de cliquer sur celle-ci pour accéder à un des nombreux blogs réactualisés durant les dernières 24 heures.
D’excellentes initiatives qui mêlent plusieurs formes d’art pour créer une toile plus cohérente, plus belle, plus accueillante, plus vivante.
12:33 Publié dans Le web littéraire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note













