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24.02.2006

Le Magicien


Il observa sa mère qui se déplaçait toujours en de telle occasion pour voir briller son fils. Il prit le temps de parcourir chaque trait de son visage puis termina par ses yeux. Ils étaient bleus comme l’océan. On se serait attendu à trouver un petit îlot de fortune, un abri douillet au fond de ses prunelles irisées. Son regard était rempli d’amour pour son fils. Son père, lui, n’était pas là. Mais il avait pris soin d’envoyer un petit mot d’encouragement à son fils. En effet, depuis la brillante percée de l’écrivain, le père s’était rapproché de son fils. Et l’écrivain s’interrogeait sans cesse sur cette nouvelle proximité : il ne pouvait pas croire que son père était intéressé. Alors, il se disait que son père avait toujours été respectueux envers ceux qui avaient réussi, qui avaient du pouvoir et de l’argent et c’était là une suite logique. Mais, où était l’amour dans tout ça? Est-ce qu’auparavant son père nourrissait des sentiments à l’égard de son fils ? Dans le cas contraire, on ne pouvait pas appelé le sentiment actuel de l’amour. Ce n’était pas possible ! Mais, après tout, il s’en fichait. Son père ne l’intéressait pas plus que ça. Seul comptait sa mère, confidente et allié de toujours. Pourtant, étonnement, il gardait une amertume par rapport au comportement de son père. Il voulait savoir jusqu’où il irait. A quel point son père s’abaisserait devant lui ? Sans vraiment s’en apercevoir, il avait commencé sa lecture. Une mécanique bien huilée.

L’écrivain commença à lire. D’abord lentement puis avec plus d’assurance. Car, même s’il avait l’habitude d’être écouté, il connaissait toujours un petit moment d’hésitation et d’adaptation. Comme si, à chaque début de lecture, il revenait à ses doutes d’enfant.

Pas un bruit n’altérait la musique des mots. Elle résonnait dans la pièce, dans un rythme régulier, comme autant de preuves de l’existence de l’Ecrivain. Pourtant, celui-ci ne ressentait pas la satisfaction habituelle que procurait ce genre d’exercice de diction. Un peu trop calme peut-être.

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14.02.2006

Larme




J’ouvre le tiroir de ma commode. A l’intérieur, une feuille, poussiéreuse, jaunie. Une écriture à l’encre bleue, aux traits penchés…



Sa vie apparaît dans un miroir.

Une perle blanche tombe sur sa joue.

Ses yeux insistent mais ne trouvent

Que la tristesse de son regard.

Apeuré, il casse ce reflet,

Une goutte de sang glisse

Doucement sur son cœur amer.

Une fleur germe. Mais elle est noire !

Il l’arrache mais elle rejaillit.

Il tombe à genoux, impuissant.

Il caresse son cœur doucement.

Pour se consoler.

Une larme scintille :

Trop tard, il meurt.

11:15 Publié dans Po aime | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note

09.02.2006

Nos amis les humains de Bernard Werber


Editeur : Albin Michel
ISBN : 2226137939

Un homme se réveille. Autour de lui se dressent des parois en verre. Où est-il ? Près de lui, une femme dort encore. Alors qu’il explore son nouvel environnement, elle se réveille à son tour et pousse des hurlements. L’homme tente d’engager la conversation avec elle. Il est chercheur et, elle, dompteuse de fauves. Lui pense qu’ils sont dans cette étrange cage de verre dans un but scientifique. Elle pense être au cœur d’un jeu de télé réalité. Tout en discutant ces deux personnages très différents vont continuer à s’observer et à examiner ce lieu mystérieux. Ils s’aperçoivent alors que, curieusement, lorsqu’ils se disputent, ils reçoivent une décharge électrique et lorsqu’ils se rapprochent des chips géantes tombent du ciel…
Cette discussion entre ces deux personnages prend la forme d’une pièce de théâtre. On imagine aisément le jeu de scène qui pourrait animer les deux êtres humains. Deux vrais pantins scrupuleusement observés, non pas par d’hypothétiques chercheurs, mais bel et bien par Bernard Werber. Il met ces deux bonhommes naturels, nus, presque neufs, en situation dans un vase clos et observe leur réaction avec beaucoup de tendresse et d’humanité. Il se penche sur les failles et le destin de la race humaine pour mieux les comprendre, peut-être, pour mieux montrer leurs qualités aussi…Ce petit livre, une pièce très courte, donne l’occasion aux lecteurs de s’interroger sur eux-mêmes, sur leur rôle ici-bas. Beaucoup de questions donc et des réponses qu’il appartient à chacun d’apporter en son âme et conscience.

11:30 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

06.02.2006

Mallarmé

Stéphane Mallarmé, de son vrai nom Etienne Mallarmé, est né le 18 mars 1842 à Paris.
Orphelin de mère à cinq ans, il passa son enfance en pension.
Passionné par Edgar Allan Poe, il devient professeur d’anglais. Mais il est beaucoup plus intéressé par l’écriture. Et, très vite, il découvre le Parnasse. En 1866, il envoie des poèmes écrits entre 1862 et 1864 au Parnasse contemporain. Ils sont tous publiés. Il reprend dans ceux-ci un motif baudelairien, « la douleur d’un idéal inaccessible ».
Puis, il récrit une traduction du Corbeau d’Edgar Allan Poe (The Raven, 1845) que Baudelaire avait déjà traduit (en 1853). Il paraît en 1874 dans la revue Renaissance artistique et littéraire.
« Mais son art va se séparer de plus en plus radicalement du vécu, jusqu’à ce point extrême où le poème ne se justifie plus que parce qu’il est. » (Le livre des quatre corbeaux, éd. De la Différence, 1998). Le poète cède sa place, son angoisse, l’absence aux mots eux-mêmes.
Ainsi, un de ses plus beaux poèmes :

"Ses purs ongles très haut dédiant leur onyx,
L'Angoisse, ce minuit, soutient, lampadophore,
Maint rêve vespéral brûlé par le Phénix
Que ne recueille pas de cinéraire amphore

Sur les crédences, au salon vide : nul ptyx,
Aboli bibelot d'inanité sonore,
(Car le Maître est allé puiser des pleurs au Styx
Avec ce seul objet dont le Néant s'honore.)

Mais proche la croisée au nord vacante, un or
Agonise selon peut-être le décor
Des licornes ruant du feu contre une nixe,

Elle, défunte nue en le miroir, encor
Que, dans l'oubli fermé par le cadre, se fixe
De scintillations sitôt le septuor."

A partir de 1880, Mallarmé reçoit chez lui, chaque mardi, des peintres, des musiciens, des écrivains. En 1896, il est élu « Prince des poètes ».
Il meurt le 9 septembre 1898. Mais son œuvre, « Le Livre », unique et total qu’il aurait voulu voir aboutir resta inachevé
Avec Igitur ou Un coup de dés jamais n’abolira le hasard. Il le laissera en héritage aux surréalistes.

Pour en savoir plus : Grande Bibliothèque Poétique

18:55 Publié dans Qui est-il : les réponses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note