22.01.2007

Je te retrouverai de John Irving

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Jack, sept ans, accompagne sa mère partie à la recherche de son ancien compagnon et père de l’enfant. Ils traversent plusieurs pays et continents sur les traces de Wiliam, l’homme musique. Il est organiste, fou de tatouage. Elle est tatoueuse, encore éprise d’amour. Ou de haine ? Entre ses deux sentiments, Alice continue, entêtée, en tenant la main de son fils, à s’accrocher à son passé. Tous les deux voguent entre les hôtels malfamés, les rues des quartiers chauds de villes nordiques et des rencontres plus ou moins heureuses. La mère et son fils suivent le fugitif qui semble semer la désolation autour de lui : Jack se découvre un père séducteur qui n’a de cesse d’abandonner les femmes, parfois après les avoir mises enceintes. Pourtant un jour Alice renonce à le poursuivre. L’enfant et sa mère reviennent à Toronto. Jack fait sa rentrée dans une école qui, pour la première fois, accueille des garçons et dans laquelle son père a enseigné pendant quelques années. Tous se souviennent de son père. Chacun y va de son mot, corroborant les dires de sa mère, chacun met en garde l’enfant de ne pas devenir comme son père. L’enfant va grandir dans cet établissement entouré de jeunes filles. Parmi elles, Emma, un peu plus âgée que lui, va devenir sa meilleure amie. Celle-ci va le prendre sous son aile. Tous deux vont tant bien que mal traverser l’adolescence et entrer dans l’age adulte sans jamais vraiment se quitter. Jack choisi d’embrasser une carrière de comédien a laquelle il semblait être depuis toujours prédestiné. Mais, l’image de son père le hante toujours. Ne joue t’il pas pour lui depuis de si longues années ? Ou se cache t’il ? Jack le sait maintenant : il devra repartir, refaire le voyage dans l’autre sens. Mais, est-ce qu’il le retrouvera?

Plus qu’un roman, John Irving nous livre ici une véritable fresque. Pour ma part, il me semble que Je te retrouverai est, avec le Monde selon Garp et L’Oeuvre de Dieu, la part du diable, l’un des meilleurs ouvrages de cet auteur. Comme la plupart de ses personnages, Jack est très attachant. De nombreux détails lui donnent une épaisseur et, lentement, sous nos yeux il se construit. On le découvre tout jeune enfant puis on le suit à travers ses pérégrinations. On pleure, on espère aussi, avec lui, qu’il puisse retrouver un jour ce père qui lui a tant manqué. Bref, le lecteur entre dans l’univers du petit garçon et, quand vient l’heure de tourner la dernière page, c’est avec regret qu’on quitte le petit monde de John Irving. Bien sûr, on peut trouver des longueurs ou être choqué par certains passages un peu osés… D’autant que le thème du roman, à savoir la pédophilie, est un thème délicat à traiter et amène forcément à proposer aux lecteurs des situations parfois difficiles à accepter et cela même si l’on sait qu’il s’agit d’une fiction. Et pourtant, John Irving traite le sujet avec beaucoup de pudeur, de retenue. Finalement, l’auteur nous propose de voyager avec lui dans les méandres de la vie, de partager, une histoire, celle de Jack pour voir jusqu’où l’amour peut conduire, pour nous montrer à quel point l’affection, le regard d’un père sont importants dans la construction de l’identité de tout être humain. Tout simplement…

03.12.2005

Lila, Lila de Martin Suter


Editeur : Christian Bourgois (18 mai 2004)
ISBN : 2267017253

David est serveur dans un bar de nuit. Un jour, apparaît dans ce bar une jeune fille. Il tombe amoureux mais Ralph, un client, beau parleur et pédant séduit Marie. Alors que David commence à se résigner, il trouve dans un meuble un manuscrit intitulé Sophie, Sophie. L’auteur, un jeune homme qui vivait dans les années cinquante, décrit son amour puis sa longue rupture avec sa petite amie. A la fin de son histoire, il se suicide. David veut d’abord expliquer à Marie qu’il a trouvé ce manuscrit puis finalement l’utilise pour la séduire en se faisant passer pour l’auteur de l’ouvrage. Marie, contre l’avis de David, envoie le manuscrit à des maisons d’éditions. Et, au grand désespoir de David, le livre connaît un grand succès. Alors que David commence à se glisser dans la peau de l’auteur du manuscrit, un vieil homme se présente à une séance de signature d’autographes sous le nom du véritable auteur…

Martin Suter a aussi écrit Un ami parfait. On retrouve la même étude psychologique des personnages. L’auteur utilise peu de mots pour décrire les personnages mais les descriptions sont justes et s’imbriquent parfaitement dans l’univers du roman. David est un homme comme les autres mais pour conquérir le cœur de Marie, il doit se dépasser. Celle-ci est exigeante et David, le lecteur le sait déjà, n’a d’autres choix que de s’emparer du manuscrit. Il sait que cet ouvrage va lui attirer les pires ennuis mais il ne peut pas faire autrement. Il plonge. Et le lecteur avec lui.